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Award du meilleur taxi

Mercredi 26 novembre 2008

Ok, il ne s'appelait pas vraiment Robert... mais c'est dans la veine de Gégé, et ça me permettra d'éviter tout procès en diffamation...




Un samedi soir donc, j'ai rendez-vous avec un amoureux transi  que j'envisage de quitter le soir même - notez que nous n'en sommes qu'au 4ème RDV - et ce, le plus diplomatiquement possible ("Ecoute... ça va pas le faire...") ...

Ayant perdu énormément de temps à choisir la tenue adéquate ("jolie mais pas trop", "sobre mais pas enterrement non plus"...), ainsi qu'à consulter les plans de métro pour définir le trajet le plus rapide, je me décide finalement à prendre un taxi - quitte à briser un coeur, autant arriver à l'heure...


Je tombe donc sur Robert, chauffeur plutôt sympathique, qui me demande si je vais à un RDV galant (je dis "oui" pour m'en débarrasser) et n'hésite pas à me proposer un bonbon ("prenez un bonbon Emile..." après coup, je me demande si je n'aurais pas du me vexer...). Bien, jusqu'ici tout va bien...


Nous arrivons au rond-point Place d'Italie (j'ai rendez-vous à Denfert)... et mon chauffeur est au téléphone depuis 5 bonnes minutes, QUAND SOUDAIN....





... nous nous faisons arrêter par la police.

Homme habile, mon chauffeur lâche son téléphone qui tombe directement entre les 2 sièges... La jeune policière sympatoche, mais gardien de la paix avant tout, lui signale :"Désolée monsieur, nous vous avons vu en train de téléphoner, ça fera (je ne sais plus combien) d'€ d'amende". Là, contestation de mon chauffeur "Mais non, je téléphonais pas! Je vous jure blablabla", le tout pendant une dizaine de minutes... jusqu'à la phrase fatidique :


"Demandez à la jeune fille derrière!" ...


"Mademoiselle?". Hum... prise d'un instinct d'écolière complice ("en même temps, il m'a offert des bonbons juste avant...") je murmure un "euh... non, j'ai pas vu qu'il téléphonait..."

Grand sourire triomphant de mon taxi, et regard accusateur de la policière : "Mademoiselle, vous savez que si vous mentez, vous devenez coupable de complicité?". "Monsieur,  Puisque vous vous refusez à payer, cette affaire va se régler au tribunal. Et arrêtez le compteur s'il vous plaît". (car pendant ce temps, il tournait...)

De là s'ensuit une dispute à coups de "Monsieur, vous êtes passés dans le rond-point devant une terrasse de café ou une dizaine de mes collègues vous a vu! Vous confirmez que vous n'étiez pas au téléphone?" (merde, je l'avais pas vu venir celle-là...) et de "Madame, ce que vous faites est illégal!! La police n'a pas le droit, à l'échelle européenne, j'ai le droit de téléphoner!! Et de toutes façons, je m'en fous d'aller au tribunal, J'AI UN TEMOIN!!" (hum, celle-là non plus...)

Bref, prise dans un tourment pas possible "mais comment tout cela va-t-il finiiiiiir???", je réfléchis aux moyens d'expliquer mon retard à ce pauvre biiiiiiiiiip qui m'attend seul dans un café et qui ignore encore son destin... et là, je vois ma vie défiler devant mes yeux et je suis assaillie de questions (lol) : pourquoi j'ai voulu prendre ce taxi? et si je n'avais pas accepté ce bonbon...? pourquoi-pourquoi tout ça n'arrive qu'à moi? est-ce qu'il va me croire quand je vais lui expliquer pourquoi je suis en retard? (pr info, je ne pense pas qu'il m'ait crue un seul instant...) comment le quitter après ça? le destin m'envoie-t-il un signe??


En réalité, tout s'est fini sur un acte d'une extrême lâcheté de ma part... (mais non, je l'ai pas dénoncé!! encore que, quand je l'ai vu s'empêtrer dans ses discours sur l'Europe, je me suis dit qu'il me faisait perdre toute crédibilité...)

En fait, après avoir murmuré un "bon, moi je vais ptêtre y aller...", la policière - devenue moins sympatoche tout d'un coup - dit au taxi d'y aller en lui remettant un papier, j'imagine une sorte de procès verbal, et en lui signifiant que comme il avait refusé de payer il recevrait d'ici quelques jours une convocation au tribunal. Ce à quoi, le chauffeur, toujours très à-propos, a répondu en gueulant "J'm'en fous! J'connais des gens moi! Je vais le faire sauter ton PV!!".


S'ensuit un moment de blanc en tête-à-tête jusqu'à Denfert, où je me commence à me demander s'il va me faire payer les 25€ au compteur pour se rembourser une partie de l'amende... Arrivés là-bas il m'annonce, grand prince, 20€ :  "Bah oui, quand même, je vais pas vous faire payer la totalité...". J'avoue que je suis totalement outrée mais que j'ai envie d'en finir au plus vite et de rejoindre ce pauvre biiiip. Et là, 2ème moment fatidique : le taxi me demande mon numéro de téléphone et mon nom, pour pouvoir m'appeler si jamais il est convoqué au tribunal... La porte entrouverte, je lui lance à toute vitesse, "Emilia, 06 19 61 03 89" (numéro qui n'est évidemment pas le mien...) et je pars en claquant la porte... (no judgement!!)


Pour l'anecdote, je n'ai bien évidemment pas réussi à quitter biiip ce soir-là, parce que, pour rajouter à ma soirée... il avait une allergie qui le faisait pleurer et se moucher sans interruption. Je n'ai pas eu le coeur, après qu'il m'ai demandé "tu aurais un autre mouchoir s'il te plaît...?", de lui dire "Au fait....".





A suivre, Gaspard, le taxi raciste...



EL






Par petitparisentreamis
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Lundi 24 novembre 2008



Parce qu'il est de ces taxis qu'on ne peut oublier, je tenais à décerner un award tout particulier à celui-ci!

Ce taxi n'a pas de nom ou du moins je ne le connais pas. Pour faciliter le récit et aussi parce que ça fait tout de suite plus sympathique nous l'appellerons Gérard alias Gégé.
On s'y croirait presque, n'est-ce pas?


Ah... Gérard ! On peut dire qu'il m'a mise dans tous mes états! Pendant près d'une demi-heure j'ai oscillé entre la crise de fou rire maîtrisée et la peur de mourir... de quoi vous donner mal au ventre !
….ce qui n'a finalement pas été mon cas puisque j'ai mangé du saumon fumé en arrivant chez moi. oui à 6h!! on l'est ou on l'est pas hein!


Mais alors ? me direz-vous, qu'a-t-il fait pour te faire cet effet ? Et bien, il a fait ce qui est quand même le comble pour un taxi : il savait à peine conduire!! Je me suis soudainement sentie comme téléportée dans un pays en voie de développement.

Pour vous faire partager mon périple de ce matin-là, une petite reconstitution s'impose, mais attention, une reconstitution digne d'un épisode des Experts... à Miami
…Miami, c'est parce que ça fait plus fun et puis ça donne un peu d'exotisme à mon histoire !

Départ 5h30 du matin devant la maison de la radio direction Bercy. Pour l'ambiance et pour que vous puissiez saisir  la dimension burlesque de cette histoire, il est important de préciser que le taxi avait mis une petite musique disco qu'il fredonnait timidement. De là s'en suit une série d'étonnement :

1/ On emprunte les quais et le taxi roule entre 30 et 50 km/h. Parfois, il se fait des petites frayeurs à 60... mais il en a des sueurs froides. Loin de moi l'idée de ne pas être respectueuse du code de la route mais sincèrement, avez-vous déjà vu un taxi rouler à 50 sur les quais en pleine nuit? Je suis perplexe.

2/ Il roule à 50, allez passons.... mais surtout à GGauche!! Et du coup tout le monde le double à droite à toute vitesse. Je me crispe….


3/ Il tient son volant nerveusement des deux mains et donne des à-coups à droite puis à gauche à chaque fois qu'il y a des virages. Je commence à m'inquiéter.


4/ Il manque de se tromper de sortie à Bercy et rate de peu les plots de signalisation : là j'ai eu franchement la trouille !!

5/ Il roule à 50 certes, mais pile à chaque fois qu'une voiture s'arrête au feu. Une fois, il a même failli en emboutir une et il a calé!! Merveilleux ! Je suis de plus en plus préoccupée…


6/ Je lui dis : " Vous prendrez la prochaine à droite s'il vous plait" : pour continuer la série, il met son clignotant à gauche et se prépare à tourner. Je l’arrête juste à temps ! Là, je suis prise d'un fou rire que j'arrive difficilement à dissimuler.

7/ Et… Bouquet final : il s'arrête au début de la rue en me demandant "C'est bon là?" . Il faut dire que c'est la première fois qu'on me fait ça... ma rue donne en partie sur un hôpital et la plupart des taxis comprennent en général que je n'habite pas là ! Cette fois-ci, je ne peux pas m'empêcher de rire nerveusement en lui indiquant le lieu où me déposer.

En somme, une grosse blague.

Ya  pas à dire !! Merci Gégé.

PS : Une petite dédicace ( oui, on aime les dédicaces nous) à tous les taxis de Paris, bons et mauvais, que j’ai croisé au cours de ma vie.

Au prochain épisode, Jésus le taxi…
M.M.


Par petitparisentreamis
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