Franck Dubosc est devenu aujourd’hui le symbole même de l’humour
franchouillard et populaire. Pourtant…
A la fin des années 90, montait sur scène un comique dont on ne
connaissait que le visage. « Franck Dubosc ? » « Mais ouiiiiii le gars aux yeux bleus qui est sur les petites annonces d’Elie ».
Suite à plusieurs critiques positives, j’achetais donc ce spectacle
enregistré au théâtre de dix heures en VHS (oui oui à l’époque c’était encore l’usage), cassette que j’userai jusqu’à la corde, au propre et au figuré. C’était l’époque où mes pauses ne duraient
qu’un quart d’heure au mieux, l’époque chérie de la math Spé, et ces petits passages du spectacle que je connaissais désormais par cœur était (avec le Burger Quizz, rendez-vous immanquable) un
petit rayon de soleil.
Le spectacle intitulé « Je vous ai pas raconté ?... »
qui racontait les aventures d’un homme faux-modeste et vrai-mytho, était absolument irrésistible. Avec les sketchs hilarants de El Thyrannos, Sandy ou le rencard 20 ans plus tard avec
l’amour d’adolescence (Sophie Boustier pour ne pas la citer).
A la fois le ton, le texte et l’interactivité avec le public, tout était
novateur et réussi.
Un coup de projecteur (mérité) est venu suite à ce spectacle, et
Dusbosc a rejoué jusqu’à l’écoeurement (du moins le mien) ces sketchs pendant encore au moins 2 ans.
Il ressortira même le spectacle en vidéo, enregistré dans une plus grande
salle, avec des sketchs aussi gonflants qu’ El Thyrannos, Sandy ou le rencard 20 ans plus tard avec l’amour d’adolescence. Toute la spontanéité était perdue, et toute la chaleur de la petite
salle.
Entre temps, il sortit quand même une série de sketchs en plein air
« pour toi public », dont certains étaient très réussis comme le « campeur » ou le « beauf » (et ses enfants Steevy et Loana) mais leur sur-diffusion fit
perdre encore une fois tout ou partie de leur saveur.
Et Dusbosc de devenir le bon client, la machine à vannes que l’on invite
pour faire rire dans les émissions aussi pitoyables que celles d’Arthur ou Cauet, ou mêmes celles plus réussies comme « Tout le monde en parle » (voire culte pour la dernière
nommée). C’est la même trajectoire qu’avait suivi avant lui son pote Elie Semoun, et que semble suivre aussi désormais Gad Elmaleh, vu la qualité très moyenne de son dernier spectacle (on
va bientôt bouffer du Gad avec la sortie de son film « Coco »).
FD ne changeait donc pas de disque, ni de personnage, il faut dire que sa
tentative de rôle un poil plus sérieux dans "Au secours j’ai 30 ans" fut un véritable échec.
Et puis pourquoi changer ? L’énorme succès de Camping vint le
conforter. Il joua aussi dans Iznogoud, Astérix aux jeux Olympiques et « son » deuxième film Disco qui eut cette fois moins de succès (début d’usure ?). Bref que du
lourd !
Et la scène dans tout ça ? Un deuxième spectacle intitulé
« Romantique » fut beaucoup moins réussi que le premier, les meilleurs passages résidant dans la montée de certaines personnes du public sur scène et les vannes qu’il leur envoyait,
preuve de la pauvreté du contenu.
L’ironie du sort est que Dubosc est devenu aux yeux de beaucoup, les
personnages qu’il s’acharnait à caricaturer : à la fois beauf et vieux beau.
C’est ainsi qu’empreint de cette nostalgie du premier spectacle et de
lassitude du personnage que je me suis rendu au palais des sports jeudi dernier pour voir son nouveau spectacle intitulé « Il était une fois… Franck Dubosc»
Le principe du spectacle est comme son nom l’indique une série de sketchs
racontant l’histoire de sa vie.

Avait-il changé, allait-il surprendre ? C’est ce que j’espérais en rentrant dans la salle. Juste le temps de subir la première partie en la personne de Cristina Marocco, ressortie du formol
depuis son duo avec Marc Lavoine.
La réponse à mes interrogations vint vite…
NAAAN.
Après une entrée en scène réussie, le même disque était resservi, d’abord
par un long passage sur sa petite enfance pas des plus passionnants et pas des plus drôles.
Puis vint la scène en boite (ses 14 ans, période DISCO, ça vous rappelle
rien ? si si son film sorti il y a quelques mois), et il fit monter quatre personnes du public. Alors que je commençais à me dire qu’il se foutait de nous avec un mélange de tout ce
qu’il avait déjà fait, il pris les devant en disant « Hého on est pas dans Romantique, c’est qui ces ringards qui montent sur scène ? ».
Et là le spectacle a basculé et fut beaucoup plus réussi. Le passage en
boite avec les 4 personnes du public était absolument hilarant, et l’hyperactivité de FD ne s’arrêta jamais jusqu’à la fin du spectacle. Avec plus ou moins de finesse et de drôlerie, mais
globalement la mayonnaise a pris. On aura droit ainsi au récit de sa « première fois », à ses vacances à Mikonos, à la visite de son premier appart…Evidemment le constat du début n’a
pas changé, c’est toujours du Dubosc, mais en quand même beaucoup plus réussi que son deuxième spectacle (on est tout de même très loin du premier, l’effet de surprise, définitivement plus là, y
étant sûrement pour beaucoup)
Alors faut-il y aller ? Je vais faire une réponse à faire pâlir
d’envie un dirigeant du MODEM : ça dépend !...
Si vous l’adorez, foncez, vous y retrouverez tout ce que vous aimez chez
lui.
Si vous le détestez, restez chez vous pour les mêmes raisons, il n’a pas
vraiment changé voire vraiment pas.
Si comme moi vous êtes entre les deux, allez y si on vous propose d’y
aller, ou si vous avez absolument envie de voir un one man show et que rien ne vous tente sur ticketac.com. Sinon vous pouvez toujours vous tourner vers son premier spectacle, que je dois
toujours avoir dans un coin de mon disque dur, avis aux amateurs…
Le prix des billets n’est pas donné d’ailleurs, entre 30 et 65
euros.
Le spectacle se termine par Franck à 84 ans, qui fait le bilan sur sa vie,
avec un hommage appuyé au public qui l’a fait roi. Ce n’est pas franchement très original comme concept, mais ça a l’immense avantage d’être profondément sincère, l’émotion n’étant pas feinte.
Cette lucidité et cet aveu de son coté fabriqué, cette émotion visible, et sa sortie sur une musique mélancolique de James Blunt (qui a dit « pléonasme ? », et il (elle) a bien
raison sauf que moi j’aime bien James Blunt, na !), font qu’on ressort à la fois avec une impression bizarre et un attachement décuplé pour lui.
Cela me poussera sûrement à voir son prochain spectacle, bien joué
Francky !.... A moins que d’ici là, Disco 2, Camping 2, Pour toi public 12, les annonces d’Elie 36 et leur promo associée, me détache définitivement de lui.
JF
Au palais des Sports jusqu'au 4 janvier, avant une longue tournée en
province qui le fera surement repasser par la capitale
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